Symptômes associés à la diarrhée du veau

Symptômes associés à la diarrhée du veau

Symptômes associés à la diarrhée du veau 1300 867 Calf Lyte Plus

Les diarrhées néonatales concernent les veaux dès leurs premiers jours de vie jusqu’à un mois d’âge. Dès lors qu’un veau est suspecté d’être atteint d’une diarrhée néonatale, d’autres symptômes que la diarrhée en tant que telle peuvent être visibles. Il est alors important de les avoir en tête afin de pouvoir réagir rapidement selon la gravité de l’atteinte, éviter des complications pouvant être fatales et à terme avoir des répercussions économiques.

 

Pourquoi d’autres symptômes sont associés à la diarrhée ?

Une diarrhée se définit comme une fréquence augmentée de l’émission de selles et/ou de leur teneur en eau et/ou de leur volume. Elle peut être d’origine alimentaire et/ou infectieuse. Une diarrhée est à l’origine d’une perte d’électrolytes, d’eau, de glucose et d’acides aminés. De ce fait, la perte d’eau engendre une déshydratation du veau pouvant être plus ou moins grave. C’est cette déshydratation qui va généralement être à l’origine des autres symptômes associés à la diarrhée. Selon la gravité, une acidose métabolique (pH du sang trop acide) peut également se mettre en place et accentuer les symptômes visibles voire en faire apparaître de nouveaux. Un examen clinique à distance permet d’apprécier la posture générale du veau ainsi que sa vigilance tandis qu’une observation plus rapprochée permet de mettre en évidence d’autres signes cliniques.

 

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Observation du veau à distance

En fonction de son état de déshydratation, la vigilance et la posture du veau en diarrhée peuvent se voir modifiées. Ainsi, alors qu’un veau est debout en cas de déshydratation légère, il sera couché en cas de déshydratation modérée voire dans un état de coma dès lors que la déshydratation est grave. Cet état implique l’intervention rapide d’un vétérinaire.

 

Observation rapprochée : prise de la température

Tout d’abord, le premier réflexe à avoir lorsqu’un veau est en diarrhée est de l’isoler des autres pour ne pas propager la maladie dans le cas où il s’agirait d’un agent pathogène contagieux. Ensuite, vous pouvez prendre la température de l’animal. En fonction de l’état de déshydratation du veau, la température diffère. Il faut bien avoir en tête que la température normale du veau se situe entre 38,5 et 39,5°C. En cas de déshydratation légère, elle peut être élevée, soit au-dessus de 39,5°C, le veau est alors en hyperthermie. Attention cependant car, en fonction de la cause (notamment s’il s’agit ou non d’un germe pathogène), le veau n’est pas toujours en hyperthermie. Elle peut être absente ou bien présente sous forme d’un pic qui n’est pas forcément distinguable à l’instant t au moment de la prise de la température rectale. En cas de déshydratation modérée, il n’y a pas d’altération de la température, l’animal est dit normotherme. En revanche, si la déshydratation est sévère, le veau est en hypothermie, c’est-à-dire que sa température rectale est inférieure à 38,5°C. Il est important de retenir qu’en cas de diarrhée néonatale, ce n’est pas la fièvre qui est à redouter, car elle n’est pas forcément présente, mais bien l’hypothermie qui s’installe en cas de déshydratation sévère. Celle-ci est bien plus grave car elle peut être à l’origine de la mort du veau. Il s’agit donc d’un critère de gravité justifiant un appel à votre vétérinaire. Cette hypothermie peut également s’évaluer par la température des extrémités (notamment au niveau du boulet) du veau, qui sont glacées en cas de déshydratation grave.

 

Observation rapprochée : signes d’une déshydratation

  • Examen des muqueuses : en temps normal, les muqueuses d’un veau (naseaux et bouche) sont roses et humides. Mais en cas de déshydratation, elles deviennent collantes puis sèches à mesure que la déshydratation devient importante ;
  • Réflexe de succion (tétée) : plus l’état de déshydratation est grave, plus le réflexe de succion est diminué jusqu’à être absent en cas de déshydratation sévère ;
  • Pli de peau : il s’agit d’un bon indicateur du degré de déshydratation. Il est à prendre au niveau de la région cervicale. Normalement, un pli de peau se remet en place instantanément. En cas de déshydratation, il met plusieurs secondes à retrouver sa position initiale. Plus il persiste plus la déshydratation est grave, ce qui implique d’appeler rapidement votre vétérinaire ;
  • Enfoncement de l’œil : plus la déshydratation est grave, plus l’œil du veau malade sera enfoncé dans son orbite.

 

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Observation rapprochée : autres signes

En fonction de l’état du veau, d’autres signes peuvent apparaître secondairement à la dégradation de son état général causée par la diarrhée. De ce fait, il est important d’examiner le nombril du veau s’il est couché à cause d’une déshydratation car une omphalite (inflammation de l’ombilic) peut survenir au contact d’une litière souillée. De même, un examen des articulations s’impose afin de détecter une potentielle inflammation (arthrite). En cas d’arthrite, l’articulation est chaude, gonflée et douloureuse mais des signes généraux peuvent également être présents comme un abattement, de la fièvre ou encore un amaigrissement. Dès lors que plusieurs articulations sont concernées (polyarthrite), il faut contacter rapidement son vétérinaire. Dans tous les cas, n’hésitez pas à contacter votre vétérinaire dès l’observation de tout signe anormal.

 

Comment prévenir les diarrhées chez le jeune veau ?

Une bonne prévention peut permettre d’éviter et de limiter l’apparition d’épisodes de diarrhée au sein de votre élevage. Avant même la naissance du veau, une bonne gestion de la vache tarie est importante. Ainsi, une alimentation équilibrée, une vaccination et un traitement contre les parasites font partie des mesures préventives permettant d’assurer une protection au futur jeune veau. La vaccination va permettre à la mère de produire des anticorps qui se retrouveront dans le colostrum du veau. Le vêlage doit également se dérouler dans les meilleures conditions d’hygiène possibles. De plus, dès la naissance, une prise colostrale optimale permet de conférer une bonne protection à l’animal. Enfin, de manière générale, les conditions d’hygiène du bâtiment (ambiance, paillage, désinfection, etc.) mais aussi la gestion des animaux (allotement par âge, isolement en cas de maladie, éviter le stress des animaux, etc.) font partie des mesures préventives à mettre en place non pas seulement pour éviter un épisode de diarrhée mais aussi pour éviter toute autre maladie.

 

Quels sont les gestes thérapeutiques que l’éleveur peut pratiquer sur un veau atteint de diarrhée ?

En tout premier lieu, il convient d’isoler le veau malade afin qu’il évite de contaminer les autres dans le cas où il s’agirait d’un agent pathogène (bactérie, virus, parasite) responsable d’une diarrhée infectieuse. Ensuite, il est important d’examiner le veau en observant la présence éventuelle des signes cliniques décrits précédemment afin de juger de son état de déshydratation et de la présence éventuelle de complications. En cas de déshydratation légère, une réhydratation par voie orale peut être réalisée par vos soins et ce de manière précoce pour éviter une aggravation rapide. Dans le cas contraire, il faut contacter votre vétérinaire pour une réhydratation par voie intraveineuse afin de corriger la déshydratation et l’éventuelle acidose métabolique. Cela est impératif car une réhydratation par voie orale ne sera pas suffisante en cas de déshydratation modérée à grave et l’état du veau risque de s’aggraver rapidement.

Votre vétérinaire pourra décider, en fonction de la situation, du protocole de soin qui peut impliquer des antibiotiques, des anti-inflammatoires, des antispasmodiques, des protecteurs de la muqueuse ou encore des hépatoprotecteurs (protection du foie). Par ailleurs, afin de prévenir au maximum le risque d’omphalite, le veau doit être placé dans une litière propre et sèche. De même, cet endroit doit être chaud et à l’abri du froid et des courants d’air afin d’éviter une hypothermie. Le nursing du veau en diarrhée est donc fondamental à sa bonne guérison. Enfin, des solutions complémentaires s’offrent à vous comme des probiotiques, de la phytothérapie, homéopathie ou encore aromathérapie. N’hésitez pas à en discuter avec votre vétérinaire.

 

Références bibliographiques

– Thèse Alfort 2016, BRAGARD : DÉVELOPPEMENT D’UN LOGICIEL D’OPTIMISATION DE LA PRISE EN CHARGE FLUIDOTHERAPIQUE DES VEAUX ATTEINTS DE GASTRO ENTÉRITE

–  Thèse Alfort 2003, Dufrasne : DIARRHEE NEONATALE DES VEAUX ET REHYDRATATION PAR LA VOIE ORALE